Le street art du 13e arrondissement : un musée à ciel ouvert

Le 13e arrondissement n’a pas la réputation touristique du Marais ou de Montmartre. Il a pourtant l’une des plus grandes collections d’art urbain d’Europe, en accès libre : des dizaines de fresques peintes sur les pignons de ses tours et de ses immeubles, visibles depuis la rue ou depuis le métro. Une balade à faire à pied ou à vélo, gratuitement.
Les fresques géantes du boulevard Vincent-Auriol
L’aventure a commencé en 2013, quand la mairie du 13e et une galerie du quartier, Itinerrance, ont invité des artistes du monde entier à peindre les murs aveugles des immeubles. Le projet, baptisé Boulevard Paris 13, a transformé le boulevard Vincent-Auriol et ses alentours en musée à ciel ouvert.
Le long du boulevard, la ligne 6 du métro circule en aérien, entre les stations Nationale et Chevaleret. Les fresques se voient donc à la fois depuis le trottoir et depuis la rame : un trajet en métro dans ce sens est déjà une visite.
Parmi les artistes invités figurent l’Américain Shepard Fairey, alias Obey, qui a notamment peint une Marianne entourée de la devise « Liberté, égalité, fraternité », en hommage aux victimes des attentats de novembre 2015. Invader, le street artiste des mosaïques inspirées des jeux vidéo, a aussi laissé sa trace dans le quartier. D’autres fresques sont signées d’artistes venus d’Amérique latine, du Portugal ou d’Asie.
Le parcours à pied
Partez de la station Nationale et remontez le boulevard Vincent-Auriol vers la Seine, puis faites des détours par les rues perpendiculaires et la rue Nationale. Levez la tête : les œuvres sont souvent au-dessus du cinquième étage. Comptez une heure et demie à deux heures. Les fresques sont photographiées au mieux en fin d’après-midi, quand le soleil éclaire les façades ouest.
Les œuvres changent : certaines s’effacent, d’autres sont recouvertes quand un immeuble est ravalé, et de nouvelles apparaissent. Les cartes mises à jour par la mairie du 13e et par la galerie Itinerrance permettent de repérer celles qui existent encore.
La Butte-aux-Cailles
À quinze minutes de marche au sud-ouest, la Butte-aux-Cailles a une tout autre ambiance : un village de petites rues pavées et de maisons basses, avec ses bars et ses restaurants. Le street art y est plus discret, à hauteur d’yeux : pochoirs, collages, mosaïques. Miss.Tic, disparue en 2022, y a laissé ses silhouettes de femmes accompagnées de jeux de mots, et le pochoiriste Jef Aérosol y a peint plusieurs œuvres.
À vélo ou avec un guide
Pour couvrir plus de terrain et comprendre les œuvres, des visites guidées existent, comme cette visite à vélo du musée en plein air du street art (lien partenaire), qui parcourt le 13e en quelques heures. Un guide sait aussi où se cachent les œuvres récentes.
Pour prolonger
Le street art se trouve aussi à Belleville, dans le 20e, et le long du canal de l’Ourcq. Dans le 13e, la promenade continue sur les tronçons ouverts de la Petite Ceinture. Et si vous êtes venus entre amis, finissez la journée devant un match dans l’un des bars à foot de Paris.
Illustration générée pour ce site : la fresque représentée est imaginaire.


